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5 bonnes raisons de se rendre à l’exposition André Derain

5 bonnes raisons de se rendre à l’exposition André Derain

Jusqu’au 29 janvier 2018, rendez-vous au Centre Pompidou pour rugir de plaisir devant les oeuvres d’André Derain, fondateur et chef de file du fauvisme.

André Derain 1904 – 1914. La décennie radicale

Du 4 octobre 2017 au 29 janvier 2018, le Centre Pompidou de Paris abrite une rétrospective dédiée aux oeuvres de l’avant-guerre d’André Derain, dix années décisives pour l’art contemporain et l’avant-garde du XXème siècle. Voici cinq bonnes raisons de vous y rendre.

1. Découvrir ou redécouvrir André Derain et son parcours artistique

Le parcours de Derain est marqué par des rencontres clés qui définirent sa manière d’imaginer, de créer, de peindre, d’être artiste. D’abord Matisse, ensuite Vlaminck et puis finalement Picasso et Cézanne; tant de noms qui participèrent à la révolution de l’art moderne. L’art de Derain embrasse toute l’épaisseur créative de ces colosses des arts plastiques du XXème siècle. À travers cette exposition vous explorerez l’oeuvre puissante d’avant-guerre d’André Derain et par la même occasion vous plongerez au coeur des mouvements les plus avant-gardistes du début du siècle auxquels Derain a activement participé et contribué. Du fauvisme au cubisme auquel il s’est confronté notamment en fréquentant Picasso, le fondateur et représentant majeur de ce si célèbre courant artistique, découvrez ou redécouvrez la décennie radicale d’André Derain.

2. Devenir un expert du fauvisme

Le génie de Derain naît au carrefour de ses rencontres et sa carrière décolle alors qu’il est encore très jeune. C’est aux côtés de Matisse que Derain trouva la meilleure manière de s’exprimer et surtout de laisser parler ses émotions. Si la peinture fauviste part de représentations réalistes, celles-ci sont métamorphosées à travers le déchaînement de couleurs vives et expressives, criardes et mugissantes. En privilégiant l’usage des couleurs au détriment du sujet et de la représentation naturelle du sujet, les émotions de l’artiste prédominent dans l’oeuvre et naît alors le fauvisme. Le mouvement fauviste explore les émotions, les sensations de l’artiste. Les couleurs éclatantes, semblables à un feu rugissant, comme un incendie de couleurs après l’explosion d’une dynamite, permettent de reconnaitre facilement les peintures des fauvistes et Derain ne déroge pas à la règle. Après cette exposition vous serez capables de reconnaitre un tableau fauviste en un claquement de doigts.

3. S’offrir un voyage à Collioure

Le début de la carrière de Derain est marqué par ses déplacements et ses voyages. C’est notamment à travers les représentions des paysages baignés par la lumière méditerranéenne contemplés à Collioure en 1905 que Derain et Matisse créent le mouvement fauviste. C’est lors de ce séjour décisif que les deux artistes, en travaillant côte à côte, libèrent les couleurs et laissent déferler une lumière éclatante à travers leurs toiles. C’est au Salon d’automne de 1905 qu’ils exposent pour la première fois leurs peintures incandescentes aux côtés de Vlaminck et d’autres artistes amis avec lesquels ils échangent régulièrement sans avoir jamais constitué un mouvement artistique. Leurs oeuvres font scandale, un critique d’art, Louis Vauxcelles, qualifie un buste plutôt classique exposé lui-aussi au Grand Palais de « Donatello parmi les fauves ». Le nom plaît, dès lors le Salon d’automne est rebaptisé « la cage aux fauves » et les artistes exposant deviennent les fauvistes.

L’exposition présente 30 oeuvres des paysages de Collioure, sorte de manifeste du fauvisme, à contempler sans modération.

4. Se laisser transporter de Londres à l’Afrique

En 1906, son marchand d’art Ambroise Vollard envoie Derain à Londres sur les pas de Monet en lui commandant une série de paysages londoniens, notamment les bords de la Tamise. Sur les 50 toiles commandées Derain ne donnera le jour qu’à 30 peintures mais durant son séjour dans la capitale anglaise il découvre les collections du British Museum et de la National Gallery. Les objets d’art maori ainsi que la sculpture africaine qui y sont exposés (et dont quelques uns sont présentés à l’exposition du Centre Pompidou) le fascinent et l’inspirent tout comme la beauté des femmes exotiques présentent dans les oeuvre de Gauguin dont l’influence se fait ressentir dans « La danse » de 1903. Il s’adonne alors lui aussi à la sculpture et à l’art primitif. Il est possible d’admirer ses rares sculptures ainsi que d’autres archives inédites, croquis, lettres, aquarelles, gravures et notamment photographies à l’exposition. Ne manquez pas la salle consacrée à la photographie qui éclaire le spectateur sur l’usage que Derain en faisait. C’est ainsi qu’à partir d’une photographie, il peint « Le Bal à Suresnes ».

5. Un art annonciateur du cubisme

Essentiellement moderne, sûrement novateur, Derain qui reste cependant toujours un peu tourné vers la tradition est un artiste plein de contradictions ou plutôt en perpétuelle évolution, élaboration, réflexion. Après Londres, Derain déménage à Paris, aux côtés de Picasso. Il se rend alors au Salon d’automne de 1907 où il admire les « Grandes Baigneuses » de Cézanne. L’inspiration ne tarde pas à se faire ressentir. Après les influences primitives inspirées par Gauguin, Derain se met à dialoguer avec Cézanne et peint à son tour les « Baigneuses » en 1907. Comme une réponse aux « Baigneuses » de Derain, la même année Picasso peint les « Demoiselles d’Avignon ».

Photo credit: Sharon Mollerus on VisualHunt / CC BY

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